Jean Yanne

 

Roger-Jean Gouyé (1933-2003). Il est né aux Lilas. Ses parents sont des bretons qui ont migré à Paris, son père est ouvrier (Il sera prisonnier en Allemagne pendant toute la guerre) et sa mère couturière chez un grand couturier (Lanvin). Il quitte les études après son BEPC et tente d’apprendre l’ébénisterie avec son oncle mais abandonne et entre dans une école de journalisme qu’il quitte peu après pour devenir pigiste pendant un temps avant de se lancer dans le cabaret et dans l’écriture de sketches, il revient un moment au journalisme avant de se produire à la radio, d’écrire des chansons, de jouer du piano, de l’orgue et du guide-chant et de se retrouver brièvement à la TV avec Jacques Martin, il a même écrit une revue pour Joséphine Baker et fait de la BD. Il fait son service militaire en Algérie et revient à la vie civile en 1957. Il commence une carrière d’acteur en 1952 où il fera preuve d’une aisance peu commune de jusqu’en 2003. Il finira par devenir Réalisateur en 1972 avec un style absolument inimitable. Son cinéma est corrosif et plein de dérision. On lui doit : Tout le monde il est beau-tout le monde il est gentil, son premier film en 1972 avec Blier, Serrault et lui, une satire de la radio, Moi y’en a vouloir des sous en 1973 avec Blier, Nicole Calfan et lui, une satire sociale qui vise les politiques, les patrons et les syndicats, Les chinois à Paris (Prémonitoire !) en 1974 avec Nicole Calfan, Macha Méril et lui, Chobizenesse en 1975 avec Robert Hirsch, Catherine Rouvel et lui, une satire de l’argent et du sponsoring, Je te tiens-Tu me tiens par la barbichette en 1978 avec Mimi Coutelier et lui, une satire de la TV, Deux heures moins le quart avant J.C. en 1982 avec Coluche, Serrault et lui une satire des péplums qui fera plus de 4.600.000 entrées ! Liberté égalité choucroute en 1984 avec Poiret, Serrault et Ursula Andress, une parodie de la révolution qui sera son dernier film mis en scène. Il a produit 5 de ses 7 films. Il a eu le prix d’interprétation masculine à Cannes en 1972 pour : Nous ne vieillirons pas ensemble. On l’a aussi vu à la TV, en particulier dans : L’affaire Séznec en 1992.

Il est décédé au début du tournage de : Atomik circus et a été remplacé par J.P. Marielle.

Il était très anticlérical malgré (ou à cause) de ses études primaires dans une école catholique.

Il a eu pour ami de toujours Gérard Sire. Il a été un des piliers des « Grosses têtes de Bouvard avec Jacques Martin à une époque où la vulgarité n’avait pas encore atteint cette émission encore géniale (le sketch délirant sur Christian Bonnet est hilarant et sans la moindre vulgarité comme celui sur Montluçon). C’est un artiste absolument atypique, touche à tout génial, râleur, mais infiniment sympathique.