Abraham Polonsky (1)

 

(1910-1999). Il est né à New York. Il fait des études de droit et intègre un cabinet d’avocat. Un jour il est contacté par une actrice qui souhaite des informations pour un rôle dans une série de radio, cela va lui ouvrir la porte du métier de scénariste. Il devient professeur de droit et continue d’écrire des scénarios, il devient aussi écrivain. Après guerre, il est sollicité par la Paramount pour ses scénarios et on lui confie aussi la réalisation de son premier film : L’enfer de la corruption en 1948 avec John Garfield et Marie Windsor. Ce film, qui est un chef d’œuvre, va déclancher l’ire de la commission des activités anti-américaines du sénateur Mac Carthy, il sera inscrit sur la liste noire et doit cesser toute activité dans le cinéma, il sera banni pendant prés de 20 ans pour avoir refusé de dénoncer d’autres cinéaste. Il vient alors en Europe où il reprend son activité de romancier et écrira des scénarios sans que son nom soit cité (en particulier : Le coup de l’escalier). Quand il retourne aux USA, il retravaille sous un pseudonyme pour la TV. Il ne pourra exercer son art sous son vrai nom qu’en 1968. Il réalise alors un formidable film : Willie Boy avec Robert Blake, Robert Redford et Katharine Ross en 1969 qui traite du racisme avec une terrible chasse à l’homme. Il réalise enfin : Le roman d’un voleur de chevaux en 1971 avec Yul Brynner, Jane Birkin et Eli Wallach.

            Pendant la dernière guerre, il était en France parmi les résistants au titre de l’O.S.S. (On recrutait alors ces hommes chez les communistes qui avaient un très grand sens du secret !!!)

Il avait écrit le scénario du film : La liste noire (1991) qui raconte l’histoire du maccarthysme, mais le producteur l’a édulcoré en faisant du héros, initialement communiste, un homme neutre. Il a totalement désavoué  ce scénario modifié.

Il s’est élevé contre l’Académie des « Oscar » qui avait décerné un « Oscar » d’honneur à Elia Kazan qui avait dénoncé ses collègues lors du maccarthysme.

Toute sa vie, il n’a jamais renié ses convictions de gauche.

L’Amérique s’est privé d’un réalisateur et scénariste de génie en le bannissant comme elle l’a fait.