Henri-Georges Clouzot

(1907-1977). Il est né à Niort. Contrarié dans son ambition d’entrer dans la Marine Nationale, il fait science-po et devient assistant d’un député, avant de devenir journaliste et écrire des textes de chansons. Il tente de placer des scénarios, mais le producteur préfère l’envoyer assister le cinéaste allemand : Anatole Litvak à Berlin. Il fait ensuite des adaptations avant de pouvoir tourner ses propres films, l’occasion lui en sera donnée par la fuite des principaux réalisateurs français lors de l’invasion allemande de 1940.

Il tourne son premier film : L’assassin habite au 21, en 1942, une adaptation du roman de S.A. Steeman particulièrement réussie avec une superbe brochette d’acteurs dont Pierre Fresnay, Suzy Delair, Pierre Larquey, suivra : Le corbeau, un thriller d’une profonde noirceur sur les dénonciations anonymes dans une ville et cela pendant l’occupation en 1943, Il tourne ensuite : Quai des orfèvres, un superbe polar avec un Louis Jouvet au sommet de son art (Prix du meilleur réalisateur à Venise en 1947), puis : Manon (Lion d’or à Venise en 1949), Retour à la vie (un segment), Miquette et sa mère, Le salaire de la peur, un formidable thriller sur l’épopée d’un camion chargé de nitroglycérine, avec Montand et Vanel (Il obtiendra, pour ce film : L’ours d’or à Berlin, Le grand prix du jury de Cannes et le prix du meilleur film étranger aux USA), Les diaboliques, un thriller terrifiant avec un Paul Meurisse d’un cynisme absolu (Prix Louis Deluc et prix Edgard Allan Poe). (Hitchcock voulait aussi tourner ce film, mais Clouzot à obtenu les droits juste avant lui !), Les espions, La vérité avec B.B (Grand prix à Mar del Plata et grand prix du meilleur réalisateur du cinéma français), La prisonnière en 1968, sera son dernier film. Il est aussi scénariste, on lui doit plus de 30 scénarios et dialogues, il a aussi produit 3 des se films. Il a aussi réalisé un documentaire considéré comme patrimoine national : Le mystère Picasso en 1956 (prix du jury à Cannes en 1956).

Il avait la réputation d’être d’une extrême exigence avec ses acteurs, y compris sa femme : Vera Clouzot, il est allé jusqu’à gifler Bernard Blier dans : Quai des orfèvres !

Il n’a pas terminé le film : Le voyage en Brésil en 1950, il en tirera plutôt un livre. L’enfer ne sera tourné qu’en 1993 par Chabrol. A la fin de sa vie, sa santé était très chancelante.

Accusé par les communistes et les catholiques d’avoir tourné un film : « Le corbeau » montrant une mauvaise image de la France, il sera défendu, avec force, par de nombreuses personnes dont : Henri Jeanson (dans son célèbre texte : Cocos contre corbeau) et son interdiction (a vie) de tourner sera levée.

Il reste un cinéaste MAJEUR du cinéma français.