Jean Becker

(1906-1960). Il est né à Paris. Son père est administrateur de société et sa mère est à la tête d’une maison de couture. Très jeune il est passionné par le jazz et rencontre Jean Renoir grâce aux amis de ses parents. Stewart sur un transatlantique, il rencontre King Vidor dont il refuse la proposition de le prendre comme acteur et comme assistant. Il intègre la société de son père, mais il s’y sent malheureux et démissionne pour retrouver Jean Renoir et devenir son assistant en 1931. Il tourne un court-métrage avec Pierre Prévert : Le commissaire est bon enfant. Il propose alors à un ami producteur, un scénario, mais le producteur préfère le faire tourner par Jean Renoir, cela deviendra : Le crime de monsieur Lange. Après une brouille avec Renoir, il redevient son assistant sur : La vie est à nous. Il peut enfin tourner son premier film : L’or du Cristobal en 1938, mais il refuse les économies exigées par le producteur et le tournage cesse, il est mobilisé et c’est un autre réalisateur qui terminera le film (Jean Stelli). Il est fait prisonnier, mais est rapatrié pour cause médicale. Il se remet au travail et tourne son premier « Vrai » film : Dernier atout en 1942, suivront : Goupi mains rouges et Falbalas tournés sous l’occupation.  Après la Libération, il tournera : Antoine et Antoinette, Rendez-vous de juillet, Edouard et Caroline. Arrive alors le magnifique « Casque d’or » avec la sublime Simone Signoret et un Serge Reggiani superbe (1). Puis il tourne : Rue de l’estrapade, Touchez pas au grisbi un excellent polar qui signe le retour gagnant de Jean Gabin et l’arrivée d’un « catcheur » génial : Lino Ventura (Qui ne croyait absolument pas avoir un avenir dans le cinéma !). Vient, ensuite : Ali Baba et les 40 voleurs avec un Fernandel au mieux de sa forme, puis il y aura : Les aventures d’Arsène Lupin, Montparnasse 19. Son dernier film en 1960 sera l’extraordinaire : « Le trou », cette histoire de tentative d’évasion et de trahison, avec Michel Constantin et Jean Keraudy (Un ancien « vrai » truand) est un chef d’œuvre de suspens, d’émotion, de courage et de lâcheté, à chaque projection, la magie de ce film reste intacte !

Résistant incontesté, il a été un ardant défenseur de Clouzot à la Libération.

Il a fait des caméos dans une dizaine de films. Il a été assistant sur une douzaine de films dont 9 avec Renoir et il était aussi scénariste pour une quinzaine de films.

Son fils : Jean Becker est aussi réalisateur (Un nommé La Rocca, L’été meurtrier, Les enfants du Marais, Un crime au paradis, Deux jours à tuer).

 

(1) Mon ami « Phil » (jeune) lui ressemble comme 2 gouttes d’eau !